Le renouvellement et l'extension de la carrière

L'Arrêté Préfectoral de l'extension de la carrière de Warluis fait suite à une concertation locale, et à de nombreuses études (*1) menées depuis presque 10 ans. Il apporte une réponse aux besoins en matériaux de notre territoire, tout en s'inscrivant dans une démarche de circuit court.

Le réaménagement du site est un enjeu majeur de l'exploitation. Au fur et à mesure de celle-ci, les opérations de remise en état prévoient de renforcer la biodiversité des zones modifiées grâce à une recréation d'habitats divers et adaptés aux différentes espèces animales et végétales. Il s'agit d'un projet extrêmement novateur qui s'appuie sur le savoir-faire de notre PME nationalement reconnue sur le sujet de l'environnement (*2)

(*1) : Des études faune-flore, paysagère, hydrologique, pédologique, bruits ont été menées par des Bureaux d'Etude Spécialisés.
(*2) : La carrière actuelle de Warluis est la 1ère carrière de France référencée par l'Office Français de la Biodiversité .
Voir : Rèhabilitation de zones humides

1) CONDITIONS DE L'EXPLOITATION :

Le secteur concerné par l'extension de la carrière est de type " boisé ". L'exploitation est nécessairement corrélée à des opérations de défrichement. Ces opérations auront lieu de manière calendaire entre le mois de septembre et la première quinzaine de mars des années concernées. Ce défrichement qui est déjà effectif pour partie, sera étalé sur une durée de 15 ans (correspondant aux trois premières phases d'exploitation). Il concerne une superficie totale d'environ 30,3 ha. Ces opérations sont et seront réalisées par une entreprise spécialisée selon les techniques classiques. En fonction de la nature et de la qualité des boisements, ces derniers seront soit valorisés en bois de production, soit en bois de chauffage. Le reboisement du site, prévu dans le cadre de la remise en état, sera effectué de manière progressive tout au long de l'exploitation du site par notre entreprise en accord avec l'ONF.

  • Visualiser le phasage du défrichement et les boisements préservés
  • Visuel extraction matriaux

    L'exploitation des sables et des graviers contenus dans le gisement de l'extension sera de type «à ciel ouvert ». Des opérations de découverte des terres végétales et des matériaux stériles permettront dans un premier temps de mettre à nu le gisement disponible. Ces matériaux de découverte seront conservés pour la remise en état du site. L'extraction du gisement se fera en eau à l'aide d'une pelle hydraulique ou d'une dragline. Le gisement extrait sera stocké dans un premier temps à proximité pour ressuyage. Il sera ensuite repris par un chargeur et déversé dans une trémie d'alimentation permettant d'acheminer l'ensemble des matériaux extrait de la zone d'extension vers la carrière actuelle. C'est par l'intermédiaire d'une bande transporteuse et d'une passerelle enjambant la voie ferrée que ce transport sera rendu possible. Les matériaux ainsi transportés sur la carrière actuelle seront stockés puis repris par des camions PL pour rejoindre l'installation de traitement.

    L'extension de la carrière bénéficie des équipements industriels qui existent déjà aujourd'hui (pistes de la carrière actuelle, installation de traitement des matériaux distante, engins d'extraction et de chargement, locaux). Les seuls équipements industriels nouveaux qui viendront se greffer à ceux déjà existants sont les suivants :
    - Transformateur pour acheminement de l'énergie électrique,
    - Convoyeur à bande permettant d'acheminer les matériaux extraits de la zone d'extension vers la carrière actuelle (avec trémie pour son alimentation),
    - Ouvrages de franchissement pour le convoyeur à bande (sous la chaussée pour le chemin rural n° 26 dit " chaussée du Marais de Merlemont » et passerelle aérienne au-dessus de la voie SNCF),
    - Aire de stationnement des engins,
    - Pistes d'accès pour l'entretien du convoyeur à bande.

    Les horaires de fonctionnement de la carrière seront du lundi au vendredi de 7h30 à 17h00 (mais en cas de nécessité, ces horaires peuvent être élargis de 7h00 à 18h00). Aucune activité n'aura lieu la nuit, les week-end et jours fériés.

    Le territoire du grand Beauvaisis (167 685 habitants) consomme 1 020 000 T/an de granulats (sables et graviers). Ces matières premières sont indispensables pour l'industrie des travaux publics et du bâtiment. Actuellement 370 000 T/an sont produites sur ce même territoire et le déficit est actuellement pallié par des approvisionnements hors territoire (intra et extra-départemental). Ces importations génèrent du transport sur de grandes distances, ce qui renchérit les matériaux et aggrave les impacts environnementaux. Sur cette carrière nous allons donc produire des matériaux essentiels pour l'activité du BTP du Beauvaisis et la proximité de cette carrière permettra de répondre aux enjeux des circuits courts.

    2) INCIDENCES POUR LES RIVERAINS DU HAMEAU DE MERLEMONT :

    Le défrichement sera étalé sur 15 ans. Une première partie est déjà effectuée. Afin de préserver la quiétude des habitants du hameau de Merlemont, et en concertation avec la commune de Warluis, nous avons décidé d'aller au-delà des prescriptions de notre arrêté préfectoral : un nouvel itinéraire d'évacuation des grumes de bois permet de réduire au maximum l'impact généré par leurs transports en passant par la carrière actuelle. L'ensemble des frais et l'aménagement des pistes ont été entièrement pris en charge par notre société. Les recettes de la vente du bois reviennent au propriétaire, qui est pour une grande partie la commune de Warluis.

    Une étude acoustique a été réalisée en amont (avant toute obtention de l'autorisation d'exploiter) par un bureau d'étude spécialisé. Un état initial a été déterminé et un ensemble de simulations (correspondant à l'activité de la carrière sur la zone d'extension) ont été effectués en prenant en compte les situations les plus défavorables pour les riverains. Ces simulations ont été exécutées en prenant en compte le phasage d'exploitation et les configurations des sources sonores liées à ces phases. L'étude globale a démontré la nécessité de mettre en place des mesures de protection acoustique. Des calculs précis, avec la mise en place de ces protections, ont montré que le niveau de bruit émis par l'activité de la carrière respecte les valeurs réglementaires. La bande transporteuse est le mode d'acheminement de matériaux le moins bruyant. Cette solution a donc été privilégiée afin de minimiser les impacts sonores et ceux afférents aux transports. Les riverains ne ressentiront pas de gênes sonores en provenance de l'extension de la carrière. L'extension de la carrière ne sera pas plus bruyante que la carrière actuelle. Les seuils réglementaires seront respectés pour l'ensemble des habitations.

    Ces rejets sont diffus et la carrière actuelle est peu émettrice de poussières. En périodes sèches, les poussières auront pour principales provenances la circulation d'engins sur les pistes d'exploitation et la manutention des matériaux (chargement des camions et de la trémie d'alimentation du convoyeur à bande). Dans le cadre de ses activités sur la zone d'extension et sur la carrière actuelle, l'envol de poussières sera limité grâce à l'hygrométrie naturelle des matériaux, mais également en privilégiant l'usage du convoyeur à bande pour le transport des matériaux. De plus, afin de limiter les phénomènes d'envol de poussières par temps sec, les pistes et stocks de matériaux seront arrosés. Aucun impact relatif aux poussières ne sera ressenti par les riverains alentours.

    La carrière actuelle n'a jamais engendré d'affaissement de terrain pendant plus de 19 ans. Les méthodes d'extraction prévues pour l'exploitation de la zone d'extension seront identiques à celles déjà utilisées pour la carrière actuelle. Le projet de carrière et notamment la zone d'extension sont situés à une altitude comprise entre 55 m et 56 m NGF. Il s'agit donc d'une surface relativement plane qui ne se situe pas sur la pente de la butte de Merlemont. Le projet de carrière ne modifie pas la pente de la butte de Merlemont, ni les écoulements hydrauliques des différentes nappes.

    L'extraction des matériaux alluvionnaires (sable et graviers) ne représente pas une activité polluante dès lors que les dispositions élémentaires sont prises. Les opérations de terrassement et d'extraction n'impliquent que des opérations d'ordre mécanique. Le bon entretien des engins et la surveillance des circuits hydrauliques de ceux-ci empêchent tout risque de pollution. Les équipements industriels sur le site de l'extension de la carrière seront limités aux engins et au convoyeur à bande, alimenté par l'énergie électrique délivrée par le transformateur. Les opérations de ravitaillement en carburant seront réalisées avec l'aide de moyens de rétention pour éviter toute pollution. Les entretiens des engins auront lieu à l'atelier sur notre site de Therdonne. Aucun stockage de matière combustible, de produit chimique inflammable, toxique ou dangereux ne sera présent sur site. De plus, un réseau de piézomètres* sera mise en place en amont et en aval de la carrière actuelle et de son extension afin de vérifier périodiquement que les travaux d'exploitation et de remise en état ne provoquent aucune pollution.
    * forages non exploités qui permet la mesure du niveau de l'eau souterraine et la vérification de sa qualité en un point donné de la nappe

    La carrière et son extension sont localisées en dehors de tous périmètres de protection des captages en eau potable. Une étude hydrogéologique et hydraulique a été réalisée en amont (avant toute obtention de l'autorisation d'exploiter) par un hydrogéologue expert. Les conclusions de cette étude ont démontré un impact positif de la carrière pour les eaux de surface de la vallée du Thérain par la création de zones humides avec des altitudes assez adaptées pour favoriser les battements des eaux souterraines et l'arrivée des eaux de crues (volumes vides permettant d'écrêter les eaux de crues du Thérain). Elles démontrent également que les activités d'extractions n'auront aucun impact sur les différentes nappes d'eaux en présence. La mise en place de piézomètres nous a été recommandée afin de suivre la qualité des eaux au regard des remblais inertes qui seront nécessaires pour la remise en état.

    3) VOIES DE CIRCULATION :

    Les poids lourds et les engins emprunteront le chemin d'exploitation actuel et le chemin de Caygneux pour rejoindre la RD 12. Cette route départementale relie Bailleul sur Thérain à Therdonne. Afin d'accéder à la zone d'extension de la carrière, les engins emprunteront une partie du chemin rural n° 26 qui vient d'être renforcé pour cet usage.

  • Visualiser l'itinéraire des engins et des camions
  • Le chemin rural n° 26 restera accessible à tous. Les carrières Chouvet ont refait l'ouvrage hydraulique permettant le franchissement du ruisseau traversant le chemin rural. L'usage par l'entreprise de ce chemin rural pour l'accès à la carrière ne sera qu'occasionnel et correspondra aux passages des véhicules de type VL et des engins nécessaires à l'exploitation. Le passage du convoyeur à bande n'entravera en rien la circulation sur ledit chemin.

    4) PAYSAGE ET EMPREINTE VISUELLE DE LA CARRIÈRE :

    Le paysage de la zone d'extension va passer d'une zone boisée en un espace constitué de deux plans d'eau et de boisement humide. Cette transformation ne sera visible qu'en vision rapprochée : une simulation montre qu'au niveau du grand paysage, cette transformation ne sera pas visible.
    En ce qui concerne la carrière actuelle, elle sera remblayée pour être restaurée en zone humide boisée sur le modèle des 2 ha déjà réalisés. Ce réaménagement, initié dès les années 2000, alors qu'aucune législation n'existait dans ce domaine, a été la première carrière à être distinguée par l'Office français de la Biodiversité. Nous avons développé un savoir-faire reconnu nationalement, qui est une référence dans la profession.
    Enfin, en concertation avec l'Architecte des Bâtiment de France, nous maintiendrons un large espace boisé en limite du site. Le phasage d'exploitation a également été adapté pour réduire l'impact paysager, les surfaces exploitées seront réaménagées au fur et à mesure pour retrouver leur vocation naturelle.

    Après exploitation, la remise en état correspondra à une reconstitution de milieux humides de fond de vallée accompagnée d'une diminution de 50 % des surfaces en eau par rapport à la situation actuelle.

    Cette remise en état s'appuie sur :
    - Une reconstitution morphologique de la plaine alluviale, à une altitude des terrains post-exploitation quasiment identique à l'initiale. La différence résidera dans la création de chenaux et de mosaïque d'habitats en fond de vallée,
    - Une reconstitution d'espaces ouverts sous forme de zones humides inondables et de pièces d'eau dont la superficie sera globalement réduite vis-à-vis de la situation actuelle pour la carrière existante,
    - La reconstitution de boisements de milieux humides.

    A la fin de la remise en état, les terrains seront restitués à la commune.

  • Visualiser la remise en état finale de la carrière
  • 5) BIODIVERSITÉ :

    Le secteur concerné par l'extension de carrière a fait l'objet d'une étude d'impact et d'incidences sur la faune et la flore. Cette étude a été réalisée par un bureau d'étude indépendant. Suite à cette évaluation, le bureau d'étude nous a fait des propositions permettant à la fois d'éviter et de réduire les impacts de la carrière sur la biodiversité et nous a préconisé des mesures compensatoires permettant de répondre aux impacts résiduels du projet sur le milieu naturel après mise en place des mesures d'évitement et de réduction. Les mesures qui seront mises en oeuvre pour préserver la biodiversité étant nombreuses et techniques, nous vous en proposons une synthèse.

    Pour la zone d'extension :

    - Evitement de 8 ha. ils seront laissés dans leur configuration d'origine et délimités afin de préserver la biodiversité présente dans ces habitats,
    - réduction des impacts sur la faune et la flore en adaptant les modalités d'exploitation de la zone (limitation vitesse et poussières, phasage des travaux et du défrichement, mise en place de protection, respect des périodes de sensibilité liées aux cycles de vie, isolement de chantier, gestion des espèces invasives,… ),
    - Compensation, c'est-à-dire recréer et favoriser la réémergence de cette biodiversité qui aurait pu être impactée par l'exploitation des terrains. Cette compensation se traduira principalement par la recréation d'habitats permettant d'assurer la pérennité des espèces faunistiques et floristiques sur le secteur. Cette compensation se traduira par la création d'une mosaïque d'habitats de zone humide, de boisements humides, d'un corridor boisé, de nombreuses mares, d'un très important linéaire discontinu de fossés, d'habitats spécifiques pour les espèces à forte valeur patrimoniale. Cette compensation s'appuie sur notre savoir-faire et notre reconnaissance nationale sur le sujet en tant que PME.


    Nous sommes soumis à une obligation de résultats et serons suivis et accompagnés par le CPIE de l'Oise.
    Pour en savoir plus sur l'ensemble des mesures : Voir : Etude écologique

    L'ensemble des mesures d'évitement, de réduction et de compensation permettra d'assurer l'absence de perte nette pour les habitats impactés de la zone d'extension. Leurs dimensionnements et leurs délais de réalisations permettront de répondre à une équivalence écologique quantitative et qualitative entre habitats d'origine et habitats recréés. La fonctionnalité des milieux recréés sera vérifiée périodiquement par le CPIE de l'Oise. Certaines des mesures, mises en oeuvre par les CARRIERES CHOUVET pour assurer l'équivalence recherchée, seront d'ailleurs effectives avant tout début d'extraction et n'engendreront pas de pertes intermédiaires notables afin de répondre aux problématiques de temporalité.